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Daniel Tanuro, L'impossible capitalisme vert, Paris, Les empêcheurs de penser en rond, La Découverte , 2010, 308 p., préface de Michel Husson.

Jean-Guillaume Lanuque

Full text

1Daniel Tanuro, membre de la IVe Internationale (dirigée par le Secrétariat unifié) et auteur de la résolution sur « Le basculement climatique et nos tâches » adoptée au XVIe Congrès mondial en 2010, livre avec cet ouvrage synthétique une démonstration serrée sur la thématique de la crise climatique et la nécessité d'un écosocialisme. Partant, avec beaucoup de pédagogie, de l'actuel « basculement climatique », l'auteur dresse un tableau de ses conséquences éminemment sociales (déplacements de populations, baisse des rendements agricoles, etc…), insistant en particulier sur le risque de montée du niveau des océans.

2Surtout, sa démonstration, qu'il place aux antipodes de celle d'un Jared Diamond, vise à mettre en accusation non pas l'espèce humaine en général, mais le mode de production capitaliste en particulier. Il écarte également les fausses responsabilités de l'explosion démographique du Sud, du « socialisme réellement existant », qualifié ici assez pertinemment de « productivisme bureaucratique », et jette un regard distant sur les décroissants, Serge Latouche tout spécialement, qui mettent excessivement l'accent sur la consommation. Défendant l'énergie solaire, d'une considérable potentialité, il montre, faits à l'appui, que des inventions à ce sujet, datant parfois du XIXème siècle, n'ont jamais été utilisées, en raison de la logique du moindre coût et du profit que certaines entreprises retiraient de l'exploitation des énergies fossiles ou, plus tard, du nucléaire. Et la liste des faits reprochés au capitalisme ne s'arrête pas là. Daniel Tanuro critique ainsi les politiques « vertes » actuellement suivies, y compris celle d'Obama, favorisant les entreprises par le biais des droits à polluer et créant de nouvelles sources de profit au risque de dangers pour les populations (les agrocarburants, par exemple) ; il fait de même pour la participation dérisoire des pays développés en vue d'investir dans les pays en développement afin de faire face aux conséquences du réchauffement (le cas du Tuvalu, p.191, est spécialement glaçant).

3Le propos est souvent technique, mais le constat très clair : le capitalisme est structurellement dans l'impossibilité de faire face au défi. La réduction des émissions de gaz à effets de serre doit donc passer, selon Daniel Tanuro, non par le respect de la loi du profit, mais par un changement de système énergétique grâce à l'action publique, ainsi qu'à une baisse de la consommation d'énergie impliquant des changements de mode de vie, de transports, etc… Il défend finalement l'intégration du socialisme dans l'écologie plutôt que l'inverse, ce qui résume tout le caractère discutable de la notion d'écosocialisme. L'impossible capitalisme vert , dont nous n'avons fait que donner quelques éléments, apparaît ainsi comme une contribution foncièrement marxiste (Marx est à la fois salué pour sa prescience sur l'écologie, mais contesté pour sa faiblesse sur l'analyse des énergies), incontournable pièce à un débat qui va se poursuivre.

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References

Electronic reference

Jean-Guillaume Lanuque, « Daniel Tanuro, L'impossible capitalisme vert, Paris, Les empêcheurs de penser en rond, La Découverte , 2010, 308 p., préface de Michel Husson. », Dissidences [Online], Écologie, néo-libéralisme, Online since 07 December 2012, connection on 15 December 2019. URL : http://preo.u-bourgogne.fr/dissidences/index.php?id=498

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