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Franz Jung, Le chemin vers le bas. Considération d'un révolutionnaire allemand sur une grande époque (1900-1950), Marseillle, Agone, 2007, 559 p.

Georges Ubbiali

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Mots-clés :

Communisme
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Texte intégral

1Autant le dire tout de suite, la lecture de ce livre s'impose définitivement pour toute personne intéressée par le mouvement révolutionnaire de l'entre-deux-guerres européen. Publiée une première fois par les éditions Ludd sous le titre Le Scarabée-torpille en 1993, cette autobiographie est la seule publication disponible en français des œuvres complètes de l'auteur, qui comptent 14 volumes. Quel sera l'éditeur assez intrépide pour publier l'intégralité de cette œuvre ? En attendant, avec le soin qu'on leur connaît en matière éditoriale, Agone nous propose une nouvelle édition de ce livre majeur. On appréciera le fort travail accompli par l'éditeur qui offre plus de 100 pages de chronologie, de glossaire (une pure merveille) des noms de personnes, de publications et d'organisations, et de nombreux index permettant réellement de contextualiser l'œuvre pour le lecteur français. Franz Jung fait partie de cette avant-garde littéraire (la bohême artistique d'avant la Première Guerre mondiale, comptant notamment Erich Mühsam, Franz Pfemfert, Karl Otten, etc.) qui se radicalise durant la guerre, s'engage en politique au sortir de celle-ci à travers la révolution de novembre (écrasée par les sociaux-démocrates), devient un dirigeant de l'extrême gauche allemande (celle qui se retrouve dans le KAPD, le Parti communiste des ouvriers allemands) après avoir tâté du KPD, participe à la révolution russe en travaillant pour le Komintern, devient directeur d'une usine métallurgique à Petrograd. A la fin des années 1920, il revient dans une Allemagne où les nazis prennent leur premier élan. Journaliste économique, il continue à être actif au niveau politique tout en poursuivant ses activités littéraires. Il est emprisonné par les nazis après leur arrivée au pouvoir en janvier 1933. Libéré, il s'exile avant la guerre, rejoignant l'opposition en exil, puis se réfugie en Suisse. Revenu en Allemagne après la défaite des nazis, il poursuivra une activité journalistique économique avant de partir pour les Etats-Unis où il s'établit définitivement, obtenant la nationalité américaine. A la fin des années 50, Jung commencera la rédaction de son autobiographie. Traversant le destin tourmenté de cette Europe de la révolution, puis de son échec définitif, son récit captivera le lecteur, emporté par une écriture trépidante. Mêlant des aperçus sur les avant-gardes esthétiques et politiques de l'Allemagne de Weimar, ce roman-vrai se lit avec une fougue jamais démentie. Un grand, un très grand livre. Un témoignage capital.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Georges Ubbiali, « Franz Jung, Le chemin vers le bas. Considération d'un révolutionnaire allemand sur une grande époque (1900-1950), Marseillle, Agone, 2007, 559 p. », Dissidences [En ligne], Mouvement communiste à l'International, mis en ligne le 06 décembre 2012, consulté le 18 août 2022. URL : http://preo.u-bourgogne.fr/dissidences/index.php?id=576

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