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Comptes rendus : le mouvement trotskyste

Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire et ses militant(e)s (1968-1981). Etude d'une organisation et d'un milieu militant. Contribution à l'histoire de l'extrême gauche en France dans l'après-mai 1968, Université de Paris I, Thèse pour le doctorat en histoire, sous la direction de Michel Dreyfus, 2004, trois vol., 840 p.

Jean-Guillaume Lanuque

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Mots-clés :

Trotskysme
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1Après avoir soutenu en 1999 un mémoire de DEA préalable1, Jean-Paul Salles nous livre le fruit d'un long travail avec cette copieuse thèse en trois volumes (le dernier étant entièrement consacré aux annexes). Le fait est suffisamment rare dans l'étude du trotskysme pour être signalé. Par ailleurs, plutôt que de s'intéresser aux circonvolutions d'une histoire politique interne mouvementée, J.-P. Salles a choisi de concentrer son attention sur les militants. Pour ce faire, il a adopté un plan chronologique en deux parties (avant et après 1973) et thématique en une, dédiée à la culture politique de la LCR.

2Si le premier chapitre sur la fondation de la LC reste relativement classique, arpentant des terrains connus, le propos devient nettement plus intéressant avec les chapitres suivants, consacrés à l'action militante. J.-P. Salles s'intéresse alors à la priorité donnée au travail ouvrier, lié aux efforts en direction des " périphéries " (le milieu de l'éducation, en particulier), sans insister plus que de raison sur le militantisme électoral. A cet égard, les tableaux et surtout les cartes (sur les sections de la LC en 1972, le nombre de militants en 1976 ou les structures régionales de la LCR) sont d'un grand intérêt, et complètent utilement les multiples développements sur tous les champs d'activités de l'organisation, confirmant cette image d'une formation ouverte sur tous les terrains, non sans difficultés d'ailleurs, du féminisme au régionalisme en passant par l'armée ou la paysannerie.

3La troisième partie s'avère plus novatrice, en abordant, outre le classique travail de formation des militants, les diverses influences culturelles présentes à la Ligue, et surtout l'hétérogénéité des générations ou des milieux professionnels, et la difficulté de les faire cohabiter. Le dernier chapitre est également précieux, dans la mesure où il aborde la " crise du militantisme ", c'est-à-dire l'activisme qui peut conduire à des questionnements, des démissions ou même des suicides, et contribue à expliciter le " turn-over " très important de l'organisation. Quant au troisième volume d'annexes, particulièrement épais, il contient nombre d'éléments utiles, parmi lesquels on citera les nombreuses notices biographiques (sur 50 pages tout de même !), la reproduction des seize entretiens réalisés avec des militants, ainsi qu'une vingtaine de documents divers (principalement des lettres). Un travail qui devient dès à présent incontournable, et qu'il conviendra de poursuivre en approfondissant certains des thèmes abordés et en appliquant le même traitement à l'OCI et à LO…

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Jean-Guillaume Lanuque, « Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire et ses militant(e)s (1968-1981). Etude d'une organisation et d'un milieu militant. Contribution à l'histoire de l'extrême gauche en France dans l'après-mai 1968, Université de Paris I, Thèse pour le doctorat en histoire, sous la direction de Michel Dreyfus, 2004, trois vol., 840 p. », Dissidences [Online], 2 | 2011, Online since 12 April 2011, connection on 24 October 2021. URL : http://preo.u-bourgogne.fr/dissidences/index.php?id=202

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