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Nos archives : le mouvement syndical

André Tollet, Ma traversée du siècle. Mémoires d'un syndicaliste révolutionnaire, Paris, VO éd., 2003.

Georges Ubbiali

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Texte intégral

1Que l'on ne se méprenne pas sur le contenu de l'ouvrage, induit par un titre qui pourrait prêter à confusion. De syndicaliste révolutionnaire, Tollet n'en a ni l'identité, ni la couleur, ni l'idéologie. Par " syndicaliste révolutionnaire ", il faut entendre ici stalinien de bonne facture. Tollet a passé sa vie comme fonctionnaire syndical, de la CGTU de l'entre-deux guerres à la CGT, jusqu'à sa disparition. Ceci étant précisé, le livre est tout à fait intéressant. S'il n'est pas une figure particulièrement connue, Tollet n'en a pas moins exercé des responsabilités syndicales (et politiques) de premier plan. De ce point de vue, ses mémoires constituent une plongée dans l'univers des cadres du " mouvement communiste ". Parmi ses faits de gloire, André Tollet fut un des négociateurs des accords du Perreux, qui scellèrent la réunification du mouvement syndical sous l'Occupation. Il fut aussi le président du Comité Parisien de Libération, instance qui déclencha la grève générale insurrectionnelle de Paris. Si ses remarques sur le stalinisme sont assez acerbes, il n'en oublie pas moins de préciser qu'il a tout avalisé et justifié : les procès staliniens, le pacte germano-soviétique, le nationalisme outrancier de la Résistance, la politique de reconstruction de la France, le contrôle du mouvement syndical, etc. Dans les années d'après-guerre, il fut aussi un représentant de la CGT à la Fédération Syndicale Mondiale, l'Internationale syndicale alignée sur Moscou. Ses remarques sur cette dernière sont assez " craquantes " quand on sait que les soviétiques y envoyaient les représentants qu'ils voulaient punir par ce biais !! S'il fut un homme de courage indéniable (il s'est échappé des griffes de la police française et a vécu la guerre dans la clandestinité), son parcours n'en demeure pas moins celui d'un militant aligné sur des intérêts qui étaient différents de ceux qu'il prétendait représenter. Cette traversée du siècle doit donc se lire comme la somme des fourvoiements, héroïques parfois, qu'un syndicalisme rénové doit affronter.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Georges Ubbiali, « André Tollet, Ma traversée du siècle. Mémoires d'un syndicaliste révolutionnaire, Paris, VO éd., 2003. », Dissidences [En ligne], Février 2012, Nos archives : le mouvement syndical, mis en ligne le 04 novembre 2011, consulté le 03 décembre 2022. URL : http://preo.u-bourgogne.fr/dissidences/index.php?id=777

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